Nouvelle vague
Paris, 1959. Truffaut, Chabrol, Rohmer, Rivette, ... la plupart des critiques de Cahiers du cinéma, ont déjà réalisé avec succès un film au moins. Sauf Jean-Luc Godard (Guillaume Marbeck). Celui-ci arrive à convaincre le producteur Georges de Beauregard (Bruno Dreyfürst) de lui faire confiance pour financer son premier long-métrage « À bout de souffle », dont la ligne narrative a été écrite par François Truffaut. Après avoir monté son équipe et obtenu que son ami Jean-Paul Belmondo, acteur débutant, et Jean Seberg, déjà un vedette, tiennent les rôles principaux, Godard retrouve son assistant Pierre Rissient (Benjamin Clery) dans un café (20'15) pour préparer le tournage. Godard se met alors à jouer sur un Swing-Along de Gottlieb.
On s'amusera à relever que, la même année, François Truffaut disait à un journaliste du Monde : « Je ne vois qu'un point commun entre les jeunes cinéastes : ils pratiquent tous assez systématiquement l'appareil à sous et le billard électrique, contrairement aux vieux metteurs en scène qui préfèrent les cartes et le whisky. » (cf. Les Echos). Linklater a donc fin nez en montrant un Jean-Luc Godard accro au flipper. À noter que celui-ci a souvent montré des flippers dans ses films (pas moins de dix apparitions recensées à ce jour sur Flips & Cinéma).


Mettant en pratique ses idées sur ce que devrait être le cinéma, les principes élaborés par les critiques des Cahiers et les conseils de cinéastes tels que Roberto Rossellini et Jean-Pierre Melville, Godard désarçonne tout le monde avec sa manière de tourner : inexistence d'un script, improvisation, journées de tournage de deux heures, ... À 69'08, de Beauregard pète les plombs en apprenant que le réalisateur ne tourne pas parce qu'il se sent mal. Il le trouve en train de jouer au flipper (le même que tout à l'heure). La discussion dégénère et quand le producteur s'en va excédé, Godard lui fait un croque-en-jambe et se jette sur lui.






Linklater a pris beaucoup de soin à recréer le Paris de la fin des années 1960. Rien ne semble avoir été laissé au hasard dans cette reconstitution. Tout est étudié pour replonger le spectateur dans l'époque, tant en ce qui concerne les décors et les costumes, que la facture même du film : photographie en noir et blanc, format de l'image et, clin d'œil suprême, les signes de changements de bobines, qui nous replongent au bon vieux temps de la pellicule 35 mm, créant l'illusion que le film a été tourné alors. Le décorateur a néanmoins omis un détail : le flipper sur lequel joue Godard ne sera produit que deux ou trois ans après le moment où sont censés se dérouler les faits. « Mais, quelle importance ? » dirait sûrement Godard.
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Source photos : webmestre
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Créé le4 janvier 2026